2024-10-17 HaiPress

L’usine d’embouteillage d’eau minérale Perrier (groupe Nestlé Waters France) à Vergèze (Gard),le 1ᵉʳ février 2019. FRANCK LODI/SIPA Deux bouteilles de Perrier sont posées sur le bureau de la sénatrice écologiste de Paris Antoinette Guhl : l’une est estampillée « Source Perrier »,l’autre « Maison Perrier ». La première est censée provenir directement de sa source de Vergèze,dans le Gard − « depuis 1863 »,précise l’étiquette ; la deuxième est apparue sur le marché en février après les révélations du Monde et de Franceinfo,fin janvier,sur une fraude massive concernant l’utilisation de traitements interdits sur des eaux minérales prétendument naturelles ou de source.
« Aujourd’hui encore,il y a un problème de traçabilité entre ces deux eaux,déclare au Monde et à Franceinfo Mme Guhl. Dans la même installation,on continue à produire une eau pure naturellement, Source Perrier,et une eau rendue potable par traitement, Maison Perrier. » La sénatrice a mené une mission d’information flash entre avril et octobre − trente-cinq personnes ont été auditionnées − sur les politiques publiques en matière de contrôle des traitements des eaux minérales,présidée par la sénatrice (Les Républicains) des Alpes-Maritimes Dominique Estrosi Sassone. Le rapport a été adopté,mercredi 16 octobre,par la commission des affaires économiques. Il est accablant tant pour l’industriel,Nestlé,que pour le gouvernement.
« On ne peut pas être sûr qu’il n’y a plus de tromperie sur le site de Perrier »,déclare Antoinette Guhl,qui rappelle qu’à l’issue de la mission,il est confirmé que « Nestlé a trompé le consommateur pendant des années en lui vendant une eau 200 fois plus cher que celle du robinet en prétendant qu’elle provenait d’une source naturellement pure,alors qu’elle faisait l’objet de traitements interdits,filtres UV et à charbon actif. »
Le 30 mai,des inspecteurs de la DGCCRF et des agents de l’agence régionale de santé d’Occitanie réalisent un contrôle du site de production de Vergèze,notamment d’une ligne d’embouteillage. A l’issue de leur inspection,leur conclusion est sans appel : la directrice de la qualité de Nestlé Waters « n’a pas été en mesure de nous présenter en temps réel la traçabilité en amont de la ligne 28. Cette scission de la traçabilité est d’autant plus problématique depuis le déclassement de deux forages en eau destinée à la consommation humaine ». Pour les inspecteurs,cette rupture de traçabilité représente « un point critique de loyauté ».
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