2024-11-17 HaiPress

Le collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines),lors d’une cérémonie en l’honneur de Samuel Paty,le 14 octobre 2024. DIMITAR DILKOFF / AFP Abdoullakh Anzorov avait 6 ans lorsqu’il a quitté la Russie avec ses parents pour s’installer en France. Il en avait 18 lorsqu’il a décapité Samuel Paty,le 16 octobre 2020,avant d’être abattu par les policiers sur lesquels il s’était rué,les armes à la main. Que s’est-il passé,durant ces douze années passées sur les bancs de l’école de la République,pour que ce jeune réfugié tchétchène en vienne à assassiner un professeur d’histoire-géographie ?
Ni lui ni les membres de sa famille – la plupart ont quitté la France après l’attentat – n’ont pu apporter d’éléments de réponse devant la cour d’assises spéciale de Paris. Mais deux témoins,un enquêteur et une chercheuse,entendus durant la deuxième semaine du procès de l’assassinat de Samuel Paty,ont analysé le « court-circuit » identitaire qui a pu alimenter pendant des années,comme dans une cocotte-minute,son explosion meurtrière.
Comme nombre de réfugiés tchétchènes,Abdoullakh Anzorov est l’héritier de deux décennies de guerre d’indépendance contre l’armée russe,qui ont transformé la République tchétchène,où il est né,en terre de désolation et en champ d’expérimentation djihadiste. « C’est une population qui a connu beaucoup de conflits,beaucoup de traumatismes qui vont avoir un impact sur les passages à l’acte actuels »,a expliqué à la cour l’historienne Anne-Clémentine Larroque,qui a travaillé sur ce dossier comme assistante spécialisée pour la justice antiterroriste.
Le père,la mère et leurs fils s’installent à Evreux (Eure) en 2012. La famille,refermée sur elle-même et pratiquant un islam rigoriste,détonne,y compris au sein de la diaspora tchétchène. L’un des accusés,Azim Epsirkhanov,le meilleur ami du tueur et lui-même fils de réfugiés tchétchènes,a raconté à la barre son étonnement lorsqu’il se rendait au domicile des Anzorov : les plus jeunes enfants pratiquaient assidûment la religion,la musique était proscrite et la mère avait interdiction de quitter l’appartement seule. « C’était très différent de chez moi »,a-t-il précisé.
Il vous reste 72.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Pernod Ricard et l’américain Brown-Forman, propriétaire du whisky Jack Daniel’s, confirment des discussions en vue d’une fusion
Les députés veulent aider la presse à récupérer les rémunérations que lui doivent les géants du numérique
Les stations-service autorisées à vendre un gazole moins résistant au froid, « à titre exceptionnel », pour faire face aux difficultés d’approvisionnement
Nestlé poursuivi pour décharges sauvages près de Vittel : 750 000 euros d’amende requis et remise en état exigée
Korean Air confirme l’achat de 103 avions Boeing, le plus gros contrat de l’histoire de l’aviation sud-coréenne
Cédric P., l’ex-policier français soupçonné de double féminicide, placé en détention provisoire au Portugal
©Le droit d’auteur 2009-2020Vie intelligente au quotidien