2025-02-26 IDOPRESS

Le journaliste français et ancien otage en Syrie Nicolas Hénin,au premier jour du procès de ses geôliers de l’organisation Etat islamique,devant la cour d’assises spéciale de Paris,le 17 février 2025. ALAIN JOCARD / AFP Nicolas Hénin a ouvert sa déposition par une énumération. Un hommage,un alignement de stèles et de prénoms,en mémoire de ses anciens compagnons de cachot,de ses frères suppliciés. « Sergueï,James,Steven,David,Alan,Peter,John,Kayla,Louisa. » Neuf journalistes et travailleurs humanitaires,sept hommes et deux femmes,qui ne sont jamais rentrés de leur mission en Syrie. « Si j’ai eu la chance de revenir parmi les vivants,eux sont restés là-bas,parmi les morts. »
Nicolas Hénin a le « goût de la transmission » et se sent investi d’un devoir de « mémoire ». Une exigence que cet ex-otage de l’organisation Etat islamique (EI) a portée avec pudeur durant sa déposition,lundi 24 février,devant la cour d’assises spéciale de Paris. Durant près de quatre heures,l’ancien reporter,aujourd’hui intervenant sur les questions en lien avec le terrorisme,a détaillé chaque étape de sa séquestration,chaque torture et jusqu’à la taille des cellules par lesquelles il est passé,avec une précision de « métrologue »,comme il dit lui-même.
Quand on a été privé de sa liberté,chaque mot compte,chaque minute. Il était « 14 h 17 » quand le journaliste,en reportage en Syrie pour la cinquième fois,a envoyé son dernier e-mail à sa femme depuis un cybercafé de Rakka. En sortant,tandis qu’il cheminait vers une supérette pour y acheter des chips,il a été enlevé par des djihadistes. « Et voilà. Il est 14 h 27,ce 22 juin 2013,et je perds ma liberté. » Chaque minute,dans le récit de ses dix mois de captivité,pèse une éternité.
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